Evaluation de la charge anticholinergique : Quelle échelle utiliser en pratique clinique ?

De nombreux médicaments, notamment prescrits chez la personne âgée, sont pourvus d’effets anticholinergiques. Ces médicaments peuvent alors provoquer des confusions, des rétention urinaires ou encore des chutes. Ceci est plus marqué chez la personne âgée que chez l’adulte du fait de l’affaiblissement du système cholinergique induite par le vieillissement qui peut contribuer à l’apparition d’effets néfastes.

Il est alors nécessaire de mettre en évidence ces médicaments et de proposer si cela est possible des alternatives. Pour cela, il existe plusieurs échelles d’évaluation de la charge anticholinergique potentielle dans la littérature. Dans un premier temps, nous allons faire un rappel des effets secondaires induit par les médicaments anticholinergiques. Puis dans un second temps, nous présenterons les différentes modalités d’évaluation de la charge anticholinergique chez la personne âgée.

Généralités sur les effets secondaires des médicaments anticholinergiques

Les effets secondaires de médicaments anticholinergiques peuvent engendrer

  • une perte d’autonomie ;
  • une diminution de la qualité de vie ;
  • une augmentation de la morbi-mortalité.
  • Ils peuvent par exemple favoriser la survenue de confusion chez la personne âgée et amplifier le risque d’apparition de troubles de la mémoire.

Les effets anticholinergiques périphériques sont caractérisés par :

  • une rétention aiguë d’urine,
  • une constipation,
  • une sécheresse buccale,
  • une xérophtalmie (sécherresse occulaire),
  • une tachycardie,
  • une vision trouble,
  • des troubles de l’accommodation,
  • une mydriase,
  • un dérèglement de la thermorégulation avec hyposudation.

Les effets anticholinergiques centraux sont caractérisés par :

  • une confusion mentale,
  • des troubles de la mémoire,
  • des troubles des fonctions exécutives,
  • une désorientation spatio-temporelle,
  • une agitation,
  • des hallucinations,

des troubles du comportement.

L’illustration suivante, schématise l’effet que pourrait avoir une imprégnation anticholinergique importante chez la personne âgée.

 

Evaluation de la charge anticholinergique en pratique

image tirée de : http://reflexeiatrogenie.com/wp-content/uploads/2017/10/DemAsCH-leaflet.pdf

Il existe différents moyens de démasquer les médicaments ayant un potentiel anticholinergique. Il est possible de :

  • mesurer l’activité anticholinergique sérum (SAA),
  • mesurer in vitro l’affinité d’un médicament pour les récepteurs muscariniques,
  • d’élaborer des échelles de risques.

La première méthode (SAA), se révèle peu pertinente en pratique clinique et les résultats de la seconde méthodes sont difficilement transposables in vivo.

La troisième méthode consiste à élaborer des listes qui recensent les médicaments ayant un effet anticholinergique observés en pratique. Il en existe trois :

  • Echelle du risque anticholinergique (Anticholinergic Risk Scale)
  • Echelle du risque cognitif lié aux anticholinergiques (Anticholinergic Coginitive Burden)
  • Echelle des médicaments anticholinergiques (Anticholinergic Drugs Scale)

Ces échelles attribuent un score à chaque médicament, ce qui permet d’obtenir la charge anticholinergique du patient. Elles ont pour vocations à être utilisée en pratiques courantes pour “éviter” la survenue d’effets indésirables.

Cependant, ces échelles diffèrent entre elles et comportes une limite importante qui est la non-exhaustivité des médicaments ayant un effet anticholinergique.

Nous avons synthétisé sous la forme d’un tableau les principales caractéristiques et différences entre les trois échelles ci-dessous :

La principale limitation de l’Anticholinergic Risk Scale est qu’elle comporte uniquement 49 médicaments. Concernant l’ADS et l’ACB, la principale différence se situe dans le classement des trois molécules suivantes : l’Olanzapine, la Ranitidine et la Paroxétine. Mebarki et al. ont évalué les différences entre ces trois échelles et préconisent l’utilisation de l’ADS en pratique clinique du fait de la classification de la Paroxétine à 1 dans l’ADS (liste des médicaments ci-dessous).

Cet article a également été publié sur le blog : https://medium.com/bimedoc en janvier 2019.

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