Le 12eme avenant à la convention pharmaceutique négocié avec la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) a été signé le 21 novembre 2017 par la plupart des syndicats de pharmaciens d’officine. Les bilans partagés de médication pourront donc être rémunérés à  partir de janvier 2018

La HAS définie le bilan partagé de médication comme « une analyse critique structurée des médicaments du patient dans l’objectif d’établir un consensus avec le patient concernant son traitement, en ayant soin d’optimiser l’impact clinique des médicaments, de réduire le nombre de problèmes liés à la thérapeutique et de diminuer les surcoûts inutiles. Cette démarche impose de mettre en perspective le traitement du patient (issu du bilan médicamenteux) en regard de ses comorbidités, d’éventuels syndromes gériatriques, de ses souhaits, et d’outils d’évaluation pharmacologique comme ceux de détection de médicaments potentiellement inappropriés »

Les objectifs du bilan partagé de médication (BPM) également appelé bilan de médication sont :

De réduire le risque d’effets indésirables liés aux médicaments (EIM)

D’apporter des réponses aux interrogations du patient concernant ses traitements

D’améliorer l’observance thérapeutique

Le bilan partagé de médication peut être réalisé à l’officine dans un espace de confidentialité ou directement chez le patient. Il se compose de plusieurs étapes, réalisés dans la continuité, indispensables à son efficacité.

La première année on retrouve :

  1. un entretien de recueil d’information en présence du patient,
  2. une analyse des traitements du patient,
  3. un entretien « conseil » en présence du patient.
  4.         un suivi de l’observance environ 6 mois après.

L’année suivante il existe deux possibilités : (i) en cas de nouvelle prescription d’un ou plusieurs nouveaux traitements, il sera nécessaire de réactualiser l’analyse initiale, de réaliser un deuxième entretien « conseil » et d’en assurer le suivi de l’observance 6 mois plus tard. En cas (ii) de continuité du traitement, il sera nécessaire de réaliser au moins deux suivis de l’observance dans l’année.

Logigramme BPM

 Recrutement du patient

La CNAMTS a défini deux situations pour lesquels le pharmacien sera rémunérés pour la réalisation d’un BPM. A savoir (i) les patients de plus de 65 ans qui présentent une affection de longue durée ou (ii) les patients de plus de 75 ans qui ont plus de 5 traitements chronique (i.e prescription > à 6 mois).

La Société Française de Pharmacie Clinique (SFPC) a élargi ces critères à d’autres situations à risques d’événements iatrogènes médicaments (EIM). Cependant dans le cadre de la « prévention secondaire » le pharmacien d’officine ou le pharmacien hospitalier ne sera pas rémunéré. 

Lors du recrutement avec le patient il est nécessaire de l’informer sur les objectifs du bilan partagé de médication afin de s’assurer de son adhésion. De plus il est nécessaire de lui demander d’apporter les différents documents dont vous aurez besoin lors de votre premier entretien :

Ses dernières ordonnances (médecin traitants et spécialistes)

Les résultats des analyses biologiques du dernier mois

Ses traitements médicamenteux (boites de médicaments)

 Entretien de recueil d’information

L’objectif de l’entretien de recueil d’information est d’obtenir les informations nécessaires à l’analyse des traitements et ainsi de définir les objectifs de l’entretien « conseil ». Il est donc indispensable au bon déroulement du BPM.

Les informations que l’on recherche sont :

  • les informations générales du patient (âge, sexe, poids, coordonnées du médecin traitant…)
  • les antécédents médicaux du patient
  • ses habitudes de vie
  • son état physiologique (Insuffisance rénale, Insuffisance hépatique, problème de déglutition, vision altérée…)
  • recueil des médicaments pris par le patient (Bilan médicamenteux)
  • la connaissance du patient sur ces médicaments
  • l’analyse des prises de médicaments (questionnaire de Girerd, Medication Possession Ratio, rupture de médicaments, problèmes liés à la forme galénique, nécessité d’une aide à la prise de médicaments…).

Des documents mis en ligne par la CNAMTS et la HAS seront bientôt disponible. Un cahier de recueil d’information et de suivi réalisé par pharmacie-clinique.fr est disponible en de page

 Analyse des traitements

L’analyse des traitements comporte différentes étapes visant à déceler les problèmes que peut avoir le patient vis-à-vis de son traitement médicamenteux dans le but d’en discuter avec le médecin traitant.

Dans un premier temps il est nécessaire de vérifier que chaque médicaments prescrits à une indication et que chaque antécédents médicaux du patient est bien traité à l’aide du bilan médicamenteux.

Dans un deuxième temps, une analyse pharmaceutique de l’ordonnance doit être réalisé pour vérifier les posologies (cf. adaptation des médicaments à la fonction rénale) et les interactions médicamenteuses (cf. boite à outils).

Ensuite à l’aide du score de Girerd, il est possible d’évaluer l’observance du patient. En fonction des réponses de votre patient, vous allez pouvoir définir si votre patient est bon observant ou non.

  • bonne observance : score = 6
  • Faible observance : score = 4 ou 5
  • Non observance : score <= 3

En cas de problème de déglutition du patient, vous pouvez vous aider de la Base de données des médicaments écrasables et gélules pouvant être ouvertes  de la SFPC pour vérifier si le médicament peut être ouvert ou écrasable.

Vous trouverez ci-joint une liste non exhaustive des problèmes pouvant être détecté et des interventions pharmaceutiques pouvant être proposé (en cours de construction).

Une fois l’analyse des traitements médicamenteux réalisé, il est nécessaire de faire une synthèse au médecin traitant dans laquelle se trouve les différentes proposition d’intervention pharmaceutique. Elle lui sera ensuite adressé par messagerie sécurisé ou par l’intermédiaire du Dossier Patient Informatisé (DMP). Le médecin analysera les différentes propositions d’intervention pharmaceutique et fera les modifications thérapeutiques nécessaires si besoin.

De plus, un plan d’action médicamenteux pourra être également proposé en fonction des problèmes détecté.

Une fois l’entretien réalisé avec le médecin associé plus ou moins à un plan d’action médicamenteux, la prochaine étape est la réalisation de l’entretien « conseil » avec le patient.

 Entretien « conseil »

L’entretien « conseil » est réalisé en présence du patient. Il dure entre 30 et 40 min ce qui permet de reprendre les interventions pharmaceutiques réalisés en collaboration avec le médecin traitant.

Il sera présenté au patient les ajustements qui ont été réalisé vis-à-vis de son traitement médicamenteux en collaboration avec le médecin traitant. Il lui sera alors demandé d’aller consulter son médecin pour adapter l’ordonnance.

Un plan de posologie contenant des conseils hygiéno-diététiques ainsi que des conseils visant à optimiser l’observance lui sera remis de façon systématique.

De plus un entretien pharmaceutique sur des médicaments à risques comme par exemple les AVK, AOD, Antihasmatiques peut être réalisé ou prévu lors d’une prochaine consultation en fonction du temps nécessaire aux autres interventions pharmaceutiques.

Des objectifs concernant son mode vie, l’observance peuvent être également décidé avec le patient via le plan d’action médicamenteux.

 Suivi de l’observance

Dans le cadre du suivi de l’observance, un questionnaire adapté du questionnaire de Girerd sera utilisé. Une comparaison des résultat avec le premier entretien sera réalisé :

l’observance est bonne dans les deux entretiens

L’observance c’est améliorer entre les deux entretiens

L’observance a diminuer entre les deux entretiens

le patient adhère à son traitement

le patient adhère à son traitement

il est nécessaire de s’entretenir avec le patient pour en trouver la raison et proposer un plan d’action en collaboration avec le médecin traitant

 Rémunération

60 €

30 €

20 €

la première année. La rémunération comprend : l’entretien de recueil d’information, l’analyse des informations, l’entretien conseil et un suivi de l’observance

La deuxième année et les années suivantes dans le cas ou il existe une modification du traitement. Cela comprend une nouvelle analyse des traitements, un entretien conseil et un suivi de l’observance.

La deuxième année et les années suivantes dans le cas ou il n’y a pas de modification du traitement. Cela comprend deux suivis de l’observance dans l’année.